À l’occasion de sa nouvelle exposition, la Galerie de la Béraudière met la sculpture à l’honneur à travers un ensemble d’œuvres modernes et contemporaines. L’exposition réunit trois artistes aux approches profondément différentes et complémentaires : Germaine Richier, Antoine Poncet et Vladimir Zbynovsky.
Figure majeure de la sculpture du XXe siècle et artiste centrale de la galerie, Germaine Richier incarne une vision radicale et profondément humaine de la forme. Marquée par les bouleversements de l’après-guerre, son œuvre rompt avec toute idéalisation pour explorer la fragilité, la tension et l’inquiétude existentielle. À travers des figures puissantes, souvent hybrides, elle renouvelle la sculpture figurative et impose une modernité dont la force demeure intacte.
Dans un registre résolument différent, l’exposition met en lumière l’œuvre d’Antoine Poncet, figure essentielle de l’abstraction d’après-guerre. Né à Paris en 1928, formé en Suisse et à Paris auprès de Germaine Richier, Casimir Reymond et Ossip Zadkine, il s’engage pleinement dans la voie de l’abstraction au début des années 1950, notamment au contact de Jean Arp. Travaillant le bronze et le marbre avec une exigence extrême, Poncet développe un vocabulaire de formes sensuelles, équilibrées et ouvertes, qui invitent le regard à une expérience à la fois physique et contemplative.
La création contemporaine est représentée par Vladimir Zbynovsky, dont la galerie suit le travail depuis plusieurs années. Mêlant verre optique et pierre, sa sculpture explore avec rigueur et poésie la tension entre plein et vide, équilibre et déséquilibre, transparence et opacité. Son langage sculptural singulier prolonge et réinterprète les questions formelles posées par la modernité, inscrivant son œuvre dans une continuité vivante.
En réunissant ces trois artistes, l’exposition propose un parcours à travers différentes conceptions de la sculpture, de l’après-guerre à aujourd’hui. Elle met en évidence la permanence de certaines interrogations — sur la forme, la matière, la présence — tout en révélant la diversité des réponses plastiques apportées par chaque génération.