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Art espagnol du XXème siècle
26 avril 2012 - 27 juil. 2012

Art espagnol du XXème siècle

Du surréalisme à l’art informel

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Ajouter au calendrier 26/04/2012 26/04/2012 Europe/Brussels Art espagnol du XXème siècle 6 rue Jacques Jordaens, 1000 Bruxelles DD/MM/YYYY true

La galerie Jacques de la Béraudière propose pour son exposition de printemps 2012 une sélection d’œuvres illustrant l’activité artistique espagnole extraordinairement riche des années trente jusqu’à l’après-guerre.


Le surréalisme

Côtoyant le groupe surréaliste dès 1929, par l’intermédiaire de Joan Miró, Salvador Dali devient rapidement un élément central du mouvement, théorisé en 1924 par André Breton dans son Manifeste du Surréalisme. Dali trouve dans le Surréalisme le moyen d’exprimer le monde de l’inconscient, et de décupler sa créativité. Dali se fait l’apôtre de l’irrationnel, il dépeint un univers onirique, par le biais de figures fantasmagoriques.

A cette même époque, le réalisateur espagnol Luis Buñuel développe le cinéma surréaliste à travers Un chien andalou (1929) et L’Age d’or (1930). Pour ce dernier film, Dali aurait par ailleurs collaboré au scénario.

Les années vingt et trente sont marquées en Espagne, par une renaissance artistique sans précédent. La période des années trente voit aussi la montée du mouvement totalitariste de Franco et la guerre civile. En Espagne, le Surréalisme apparait dès lors comme un mouvement subversif, en révolte contre l’autoritarisme ambiant.

Outre Salvador Dali, d’autres artistes s’intéressent à ce mouvement. En tant que peintres, dessinateurs et sculpteurs, Pablo Picasso et Joan Miró adhèrent également au Surréalisme. Si Picasso reste en périphérie pour finalement développer un style plus personnel, Joan Miró signe le manifeste et y consacre plusieurs décennies. A partir des années trente son oeuvre devient plus onirique, puis il prendra peu à peu des distances avec le mouvement, bien que jusqu’à la fin de sa vie, il accepte et applique les principes esthétiques du Surréalisme.

Citons aussi Oscar Dominguez qui joue également un rôle prépondérant dans la peinture surréaliste espagnole ou Julio González sensiblement associé au mouvement.


L’art informel
Dès 1945, et jusqu’en 1960, va se développer en Europe et notamment en Espagne l’Art informel, pendant de l’expressionnisme abstrait américain. L’un et l’autre sont directement issus du mouvement surréaliste.
Après la seconde guerre mondiale, la situation politique de l’Espagne reste dominée par le franquisme, et l’art continue d’être un moyen de rébellion.

Plusieurs artistes espagnols dont Tapiés, Millares ou Saura prennent conscience que l’art ne peut plus se faire de la même manière. Le geste pictural bien que reprenant quelques éléments stylistiques du Surréalisme est de plus en plus spontané, aléatoire, guidé par l’inconscient. De même, l’on retrouve l’utilisation très libre de matériaux et de divers objets, cette fois-ci dans une esthétique abstraite et informelle.

Antonio Tapiés est l’un des principaux représentants de l’Art informel espagnol. En 1948, en réaction à la situation politique du pays, il fonde avec le poète catalan Joan Brossa le mouvement Dau al Set (Le Dé à Sept), dans la continuité du Dadaïsme et du Surréalisme, reprenant l’idéologie subversive, principalement à l’encontre de la politique de Franco. Tapiés ajoute à sa peinture des matériaux tels que le sable, la poudre de marbre ou l’argile, créant ce que l’on nommera le Matiérisme.
Une décennie plus tard, le peintre Antonio Saura fonde le groupe artistique El paso, également dans la mouvance de l’Art informel. A ses côtés, Manolo Millares s’intéresse lui aussi à l’amalgame de matière à la surface de la toile, allant jusqu’à utiliser des serpillères en guise de toile. La matière est ensuite lacérée, ficelée, puis des coulures de peinture sont ajoutées.
En 1960, le régime de Franco est omniprésent en Espagne. A travers ses toiles, Millares exprime la violence dramatique, la souffrance, la frustration qui envahit le peuple espagnol.

Les années qui suivront verront l’émergence d’artistes tels que Miquel Barcelò ou Eduardo Chillida, figures du mouvement néo-expressionniste espagnol.